L’Andalousie, des couleurs et des saveurs

Publié le : 22 avril 20226 mins de lecture

Il y a des endroits où l’on se sent chez soi. Pour nous, l’Andalousie a été l’un de ces endroits. Depuis notre arrivée, par une chaude soirée de mai à Jerez de la Frontera, jusqu’à notre départ (à contrecœur) de la merveilleuse Grenade un mois plus tard, ce pays nous a complètement conquis.

L’Andalousie – un endroit plein de couleur

Elle nous a conquise par ses couleurs, comme le violet des jacarandas de Jerez, les couleurs pastel des maisons de Cadix, les incrustations de l’Alhambra, les oranges de Séville, les fleurs des cours de Cordoue, les vêtements criards des élégantes Andalouses lors des Ferias, le blanc éclatant d’Arcos de la Frontera, le rouge ardent d’un coucher de soleil à Ronda, le bleu sauvage de l’océan Atlantique.

Il nous a également pris à la gorge avec sa sélection infinie de délicieux tapas. C’est un régal pour les yeux et le palais de s’asseoir à une table, de commander une caña (bière) fraîche et de parcourir le menu pour trouver la combinaison parfaite de saveurs. Fromage, jamon, poulpe de Galice, aubergines frites au miel, tortilla de patatas, salmorejo, etc… On pourrait continuer encore longtemps. Parfait pour être dégusté seul (qui veut partager ces délices ?) ou pour rendre une soirée avec un groupe de nouveaux amis voyageurs encore plus spéciale !

Et puis il y a le peuple andalou. Ces personnes chaleureuses, amicales et bruyantes ne peuvent que vous faire sentir bienvenu. Comme la dame dans un bar qui se plie en quatre derrière le propriétaire pour essayer de vous convaincre de commander leurs délicieux churros, en vous faisant comprendre que vous ne devez pas le croire et que ces churros ne sont qu’un piège à touristes. Il y a la lenteur de l’Andalousie : celle des serveurs, qui, même lorsque l’endroit est plein, sont heureux de s’arrêter et de discuter. Ou le chauffeur de bus qui, avec un calme infini, vous donne toutes les indications dont vous avez besoin, sans prêter trop d’attention au retard déjà accumulé. Et le propriétaire de l’auberge où on travaille qui ferme tous les lundis pour avoir le temps de faire le ménage du week-end. Et la patience dans les yeux de ceux qui vous écoutent en souriant lorsque vous passez cinq minutes à expliquer quelque chose avec votre mauvais espagnol. Et un client de l’auberge qui perd ses clés et se retrouve enfermé à l’extérieur de la chambre parce que le gérant ne répond pas au téléphone et quand il revient enfin (à une heure du matin) et lui donne la clé pour entrer, au lieu de se coucher, il nous invite tous les deux à boire un verre pour s’excuser du dérangement.

L’Andalousie – un instant de pur bonheur

L’Andalousie vous rendra certainement plus patient, mais elle vous fera aussi apprécier davantage chaque instant, car le temps, après tout, est précieux et est fait pour être vécu.

Ensuite, il y a les villes andalouses, chacune avec sa propre personnalité, différente mais quelque peu familière. On commence notre voyage par Jerez, une ville peu touristique, mais très noble, avec ses vignobles parfumés au Sherry. Puis on se dirige vers Cordoue et visite la célèbre et incontournable Mezquita (une immense mosquée avec une grande cathédrale à l’intérieur), une combinaison unique d’histoire arabe, juive et chrétienne.

Prochaine étape : la belle Séville, entre anciennes splendeurs coloniales, beaux palais, calèches et couchers de soleil sur le Guadalquivir. Une ville vivante à toute heure, grande mais toujours accueillante, avec des métros modernes et des processions qui bloquent des quartiers entiers. À El Puerto de Santa Maria, une petite ville au bord de l’océan Atlantique, près de Cadix, on fait l’expérience de la vie quotidienne andalouse en passant deux semaines à travailler dans une auberge, entre les promenades sur la plage venteuse et les ferias, de grands festivals de printemps basés sur le vin fino, le flamenco, la nourriture et l’amusement.

Notre voyage se poursuit ensuite à l’intérieur des terres pour découvrir les pueblos blancos, situés dans un paysage de campagne tranquille. On marche jusqu’au centre d’Arcos de la Frontera, où on profite de la vue sur les vallées en contrebas. On se demande si on arrivera un jour à Ronda alors que personne ne connaît le bus mystère qui était censé passer selon l’horaire en ligne. Et finalement, on prend un autre bus (qui n’était évidemment pas dans l’horaire en ligne), juste à temps pour profiter d’un coucher de soleil à couper le souffle à Ronda.

L’Andalousie – un endroit plein de saveurs

On se promène seule dans les prairies sous le célèbre pont de Ronda et on découvre un lac caché dans les profondeurs de la roche, on explore cette ville de fond en comble et enfin on part pour Grenade. Belle, merveilleuse, entre deux mondes, avec ses rues étroites où l’on respire l’air du Maroc, ses ascensions sans fin, ses fleurs odorantes, ses punks, ses hippies, l’Alhambra et bien plus encore. On reste plusieurs jours, profitant d’une auberge parfaite, des après-midis dans la cour à chanter pendant que quelqu’un joue de la guitare, des soirées de musique alternative et bien sûr des tapas à n’en plus finir.

Grenade, difficile à décrire en quelques lignes, mais si belle, si fascinante, si andalouse que on est tombée définitivement amoureuse. L’Andalousie, ses couleurs, sa nourriture, ses gens, sa lenteur, ses villes. Et dans ce voyage, on tombe à nouveau amoureux, pour la énième fois, du voyage en solitaire.

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